dimanche 19 février 2012

L'exciseur

Pourquoi avons-nous peur de l’excision ? N’avons-nous pas déjà perdu cette petite notion qui nous faisait tant aimer vivre en Tunisie sous l’ère Benalienne ? Ne sommes-nous pas devenus un peuple excisé ? Notre petit clito, ne l’as-tu pas vomi après l’avoir arraché, ô Putsch sacré ? N’est-ce pas toi qui nous a décrété dans ton état d’urgence follement prolongé que désormais, le peuple Tunisien était libre de ses pensées ?

Tu t’es bien fendu la poire, tu nous l’as fendue en deux. Avec tes bonnes blagues en tutu et en te gardant de nous tutoyer. Tu as cru bon de nous balancer à la figure, sans style et sans tierce mineure, des pièges bien tendus. La gueulante minorité qui s’est prise pour une de ces connasses de bourges à lunettes d’or. Ça t’a pas suffi einh ?

Tu as érigé une queue en attendant l’éjaculation finale. Seulement voilà, une queue de noir est toujours plus grosse qu’une queue d’arabe, et même si ce noir est un nègre au service des vrais néo-connards. Ces prophètes de la géopolitique qui te font d’un cul-de-jatte un derviche tourneur. Moi-même j’ai tournoyé jusqu’à dégueuler une assemblée constipuante. En me relevant, je vois le manège continuer à tourner sans moi, sans nous. Une fois sur la Une, une fois sur la Deux, mais toujours sur la Sept. Le niveau y est aussi haut qu’une tour Eiffel à Montmartre. Et puis… Toujours rien… Toujours aussi silencieux sur ta nature.

Tes ennemis nous dévoilent leur premier tour, des niqabs à la fac, alors que toi, tu nous empêches d’enlever le nôtre qu’on a depuis le jour où tu as viré la reine et son valet de roi.

Et nous, nous n’y voyons rien, ou alors qu’une petite flamme. Elle nous ronge, et ça vous arrange, toi et les ambassadeurs de Tel-Aviv. Plus tu fixes le fou, moins tu vois le pion qui va ranimer la reine. Et puis le niqab, et puis la barbe, et puis l’émirat, et puis la barbe, et puis l’exciseur, et puis la barbe, et puis quoi encore ? Il n’est que sept heures ! Les excités sont les plus cités, de la plus barbante avenue au monde au plus profond gouffre gelé.

Pendant que le temps s’est arrêté chez nous, l’OTAN emporte tout, vagin, il est partout, clitoris, fait perdre les poils au lion, loche, et le fin fonds monétaire glisse ordre sur ordre, instruction sur instruction. Et l’identité… l’identité… l’identité, les saints de l’an deux et nous appelons, disons une entité à dessein aigri.

Il est quatorze heures, nous sommes si en retard.
Mais l’exciseur, lui, n’est pas si pressé.

Omar Aloulou / 17-02-2012

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